Pour bâtir ce site, j'ai choisi org-mode, et donc Emacs, pour la rédaction du contenu textuel, et Hugo pour le transformer en site web à proprement parler. L'esthétique m'importe peu ; j'ai choisi PaperMod comme thème parce que il est sympa et qu'il est développé par une communauté suffisamment large pour rester probablement active pendant quelques années. Comme je ne vends pas de produits, je n'ai aucun intérêt à investir plus de temps et d'effort dans la construction de ce qui n'est, de mon point de vue, qu'un moyen, un échafaudage pour le texte pure et simple que je souhaite partager. Cependant, cet article n'est pas seulement une explication d'une petite brique de ma pile logicielle/informationnelle, que je décrirai progressivement dans divers billets, mais c'est aussi une démonstration de la manière dont on peut créer et gérer un site personnel esthétiquement agréable (selon moi) avec très peu d'efforts.

Les ficelles du métier

Hugo est une application Go/CLI, ce qui signifie qu'elle est facilement go install-able sans problème particulier sur n'importe quelle distro (et elle est généralement déjà packagée par presque toutes les distributions orientées bureau). La majeure partie des thèmes utilise (hélas) Node.js, mais tout comme Hugo, il bénéficie d'une vaste communauté, d'un gestionnaire de paquets interne et d'un large support par la plupart des distros. C'est donc quelque chose que l'on peut installer à l'échelle du système sur n'importe quelle distro sans souci, ou même garder dans un coin de sa propre « home » si l'on préfère. Hugo sert à créer le site web à partir du contenu textuel écrit par l'humain pour d'autres humains ; il génère l'HTML/CSS/js/XML/* etc que l'on peut ensuite placer dans un directory et faire servir par le serveur web de préférence.

Org-mode n'est pas seulement un langage de balisage plus élégant que Markdown, c'est un écosystème géant qui permet de tout faire, de gérer du texte et des données, même binaires, comme on le souhaite, sans friction et sans problèmes d'intégration. Le rendu est fait en direct, il permet d'exécuter du code au sein du texte dans une pléthore de langages, de créer des TODOs qui forment ensuite un agenda, de joindre des fichiers, et bien d'autres choses encore, le tout en org-mode, en texte brut. Certes, la majeure partie de ces fonctionnalités n'est pas nécessaire pour tenir un blog, mais elle sert à organiser ses propres informations, sa vie numérique en y intégrant également son propre site. Pas de friction, pas de changement de contexte, simplement certaines de vos notes constituent votre site, d'autres sont d'autres informations personnelles. Aucune configuration supplémentaire n'est requise, je crée un article simplement en cliquant sur un lien qui est une sexp elisp, dans ma note du jour.

Emacs est la base de tout ce qui précède, l'environnement opérationnel, et ce uniquement parce que je ne peux pas l'appeler système d'exploitation faute de posséder une LispM, elles ne sont plus développées, il me faut quelque chose en dessous en guise de bootloader pour Emacs, un bootloader un peu lourd. Emacs en soi est tout sauf simple, mais il simplifie la vie d'une manière que ceux qui ne l'ont jamais utilisé ne peuvent même pas imaginer.

Essayez juste de regarder ces vidéos pour vous faire une idée :

Il y aurait de quoi écrire une encyclopédie entière, mais je me contenterai ici d'expliquer pourquoi j'ai choisi cette pile technologique et pourquoi je recommande un choix similaire à quiconque souhaite un site personnel et, plus généralement, à quiconque désire un ordinateur de bureau FLOSS qui lui appartienne vraiment et qui soit à son service, au lieu d'être un utilisateur qui n'est guère plus qu'un bras opérationnel ne pouvant contrôler sa machine qu'en partie, à travers ce que son créateur a prévu pour lui.

conclusions

Ce billet de blog n'est que le point de départ de mon nouveau blog. Idéalement, il sert à mettre l'eau à la bouche en montrant quelque chose qui je pense, pourrait en intéresser d'autres, en expliquant dans les grandes lignes comment ça fonctionne, puis, petit à petit et avec beaaaaucoup de calme, en détaillant chaque composant un par un. Le but est de construire sa propre maison numérique, d'être maître de son petit lopin de terre, dans une société où le web est le visage public de chacun, le périmètre de sa propre propriété, avec son portail et son numéro de rue.

L'idée est de piquer la curiosité et de permettre de décider, avec un minimum de base, si l'on est intéressé, plutôt que de se retrouver face à une documentation excessivement détaillée sans vision d'ensemble, ou seulement face à des vitrines sans les détails nécessaires pour pouvoir les reproduire chez soi, modelés à son propre goût.